3 raisons qui font de l’entreprise libérée un véritable avantage concurrentiel

Le mouvement d’entreprise « libérée », mis en avant par Isaac Getz en 2009, poursuit son développement au sein des organisations où la responsabilisation des salariés au travers de l’autogestion et la suppression du contrôle hiérarchique sont au coeur du concept.
Tandis que le business model des entreprises libérées tend vers une libération du temps au profit de l’innovation et de la R&D, ce principe managérial joue un rôle stratégique à 3 niveaux : marketing, ressources humaines et marque employeur.

Christophe Baillon et Laurent Mangue, dirigeants de Sogilis

Christophe Baillon et Laurent Mangue, dirigeants de Sogilis

J’ai eu l’occasion de rencontrer Christophe Baillon en Septembre dernier, dirigeant-fondateur de la société Sogilis à Grenoble, spécialisée en développement logiciel. J’ai ainsi découvert au travers des différents témoignages de ses collaborateurs, ce qu’était réellement une entreprise libérée, et comment ce modèle a pu impacter la croissance de la société.

Etre une entreprise libérée : un nouveau facteur-clé de succès ?

En découvrant l’histoire de Sogilis, on apprend que ce qui a propulsé la société est avant tout la signature d’un client qui n’est autre que Thales Avionics, dont l’équipe projet était très intéressée par les méthodes de travail de la jeune entreprise grenobloise.

Sogilis a en effet supprimé toute hiérarchie, en mettant en avant les notions de passion et de plaisir comme moteurs, que ce soit pour la gestion interne des collaborateurs, mais également pour la gestion de ses clients. Pour ces derniers, il semblerait que le management atypique de Sogilis rentre désormais dans les critères de décision.

Cela n’a rien d’étonnant puisqu’il n’existe que 3 règles au sein de Sogilis, qui reflètent les valeurs de l’entreprise, et font désormais office d’argument décisif auprès des clients :

  • enthousiasmer le client,
  • être rentable,
  • prendre du plaisir

Ce qui est vraiment nouveau dans ce modèle, c’est l’organisation « en équipe projet » : en effet, celles-ci sont totalement autonomes, et constituées de développeurs passionnés.

Le modèle a également évolué depuis ses débuts, puisque les fonctions « support » de type commerciale, marketing et communication, sont aujourd’hui intégrées au sein des équipes projet, en fonction de la demande. Ainsi, c’est réellement une équipe pluridisciplinaire au service du client qui participe au projet, avec pour seul objectif de rendre le client totalement autonome. 

« Je suis moi-même amenée à participer au projet pour nos clients sur la partie communication, notre volonté étant de mettre tous les moyens en oeuvre pour que le projet soit un succès. Nous allons bien au-delà du développement logiciel, nous accompagnons nos clients à tous les niveaux du projet », confie Myriam Menneteau, Chargée de Communication chez Sogilis.

L'entreprise libérée selon Sogilis

L’entreprise libérée selon Sogilis

Pour le client, c’est avant tout une garantie : celle de confier son projet à une équipe qui vise l’excellence technique, et dont le moteur principal est la volonté d’innover, dans une culture d’amélioration continue.

Dans les années à venir, il se pourrait très bien que le type de management devienne réellement un critère d’achat, au même titre qu’une norme de qualité ISO… Et pourquoi pas ? Evidemment, cela serait paradoxal de « normer » un principe qui se dit de « libération », et donc impossible de contrôler…

Le management libéré, ou la gamification au coeur de l’innovation

L’absence de lien de subordination et de contrôle hiérarchique entraînent une réelle libération chez les collaborateurs, tant au niveau de la créativité que de la montée en puissance côté technique. Chacun apporte son savoir-faire au sein de son équipe.

L’innovation est très présente au sein de Sogilis : le management libéré apparaît en effet comme un véritable levier motivationnel. Beaucoup d’idées ont vu le jour lors de leurs Sogidays, comme par exemple l’idée d’un drone civil, devenu aujourd’hui Hexo+.

C’est d’ailleurs pour cela que la société propose aujourd’hui d’accompagner les jeunes sociétés, au travers d’un service inédit d’accélération de start-up. Celui-ci se compose de trois parties : prototypage et développement logiciel, Business Model Design et aide à la recherche de financements.

Allier créativité et plaisir, tel est le pari que s’est lancé en 2008 Christophe Baillon. Aujourd’hui, ce sont 24 personnes qui témoignent de l’efficacité de ce management, où seul le résultat compte.

©Sogilis

©Sogilis

Marque employeur, ou désormais marque collaborateur

Vous l’aurez compris, Sogilis recrute uniquement des développeurs passionnés avec un très haut niveau technique. Ce que vous ne savez sans doute pas encore, c’est que la société ne diffuse (presque) jamais d’offres d’emploi, et cela pour deux raisons :

  • Sogilis recherche de nouveaux talents toute l’année, aux profils techniques variés
  • le recrutement s’effectue uniquement par candidature spontanée, car il n’y a pas de service RH !

Encore une fois, Sogilis se détache par son originalité, même du côté recrutement. Ce sont les collaborateurs qui recrutent les candidats, car il est indispensable que celui-ci puisse partager les mêmes valeurs, le même mode de fonctionnement, et possède un degré d’autonomie élevé.

Selon Christophe Baillon, si l’on veut être cohérent lorsqu’on entreprend cette démarche d’entreprise libérée, il faut appliquer le principe à tous les niveaux. Le principe de base chez Sogilis étant l’autogestion, il apparaît évident que l’équipe elle-même recrute ses propres membres.

C’est donc l’ensemble des collaborateurs qui véhiculent l’image de la société, au travers du blog de l’entreprise ou de témoignages : on pourrait  alors parler de marque collaborateur, ou chacun est ambassadeur de la marque employeur.

Pour conclure, l’entreprise libérée est avant tout synonyme d’innovation, de créativité, de plaisir, de responsabilisation, de motivation, d’implication, tant d’un point de vue interne qu’externe. Si vous souhaitez en savoir plus, retrouvez Christophe Baillon au GEM Digital Day pour une conférence dédiée à ce sujet, le 1er décembre prochain.

Et vous, que pensez-vous de ce mode de management ? Aimeriez-vous que celui-ci soit appliqué au sein de votre entreprise ?

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Consultante Marketing & Communication B2B

9 responses to “3 raisons qui font de l’entreprise libérée un véritable avantage concurrentiel”

  1. Myriam Menneteau says :

    Un grand merci pour cet article Yen !
    Au plaisir.

  2. Gerald says :

    Expliquez moi en quoi il est nécessaire de s’afficher comme entreprise liberee pour faire cela. C’est le quotidien de ma boîte et on utilise pas ce vocable bisounours. Une simple manipulation ?

    Bien entendu qu’une boîte de cette taille à pas de RH. C’est normal !!! Ce qui n’est pas normal c’est la présence d’une CHARGEE de COMM cela montre bien le caractère fondé uniquement sur de la comm de cette boîte. D’ailleurs comme un autre il visent visiblement à faire un changement de METIER, passer de l’informatique au conseil organisationnel et en entreprise liberee… Foutaises.

    • bewhyblog says :

      Bonjour Gérald,
      Merci pour votre commentaire et le partage de votre opinion.
      Il semble toutefois que vous n’ayez pas bien compris la ligne éditoriale de ce blog : je traite essentiellement des aspects marketing, innovation et stratégie des concepts que je découvre. L’absence de service RH n’est pas le sujet, mais plutôt effectivement comment l’entreprise libérée est devenue aujourd’hui un critère décisionnel pour le client. L’article se veut surtout tourné du point de vue marketing, donc oui, il s’agit de mettre aussi en avant le management atypique si celui-ci permet à l’entreprise de gagner en visibilité. Mais cela ne remet pas en question les valeurs partagées entre les fondateurs et les collaborateurs.
      Et pourquoi pas plutôt imaginer une charte de l’entreprise libéré pour le collaborateur ? Au vu des témoignages, il n’y a pas lieu d’en avoir, mais cela pourrait-il être rassurant pour les candidats ?
      A suivre. Mais j’ai bien compris que le sujet faisait déjà polémique sur les réseaux sociaux…

      • Gerald says :

        Les chartes existent, chez zappos, ce sont plus de 300 pages de règles et consignes que vous devez respecter, chez officience c’est (de mémoire) une vingtaine de pages remplies de considérations oiseuses, etc… Liberer les dirigeants pour mieux enfermer et contrôler les collaborateurs.

        J’ai parfaitement compris votre ligne éditoriale, s’agit-il d’une innovation d’une nouvelle forme de management ou de nouvelles approches stratégiques ? Très clairement non, la remise en cause du taylorisme à ete initié il y a bien longtemps en France avec les premiers écrits de Hyacinthe DUBREUIL, les tentatives d’autonomisation et de responsabilisation existent depuis le lendemain de la second guerre mondiale avec une résurgence tous les 20 ans. Lors de la dernière poussée de fièvre de nombreuses etudes académiques ont démontré la nocivité effective de ces modèles. Mais j’ai bien compris que ce n’est pas les dérives de cette mode qui vous importe. Tant pis pour ceux qui en sont victime.

        La remarque que je faisait concernant les RH n’était présente que pour souligner l’aberration de l’investissement en communication. Ce qui permet au détour de souligner le côté superficiel de cette libération, les points avancés sont ceux qui font le quotidien de toute jeune pousse et plus généralement de toute entreprise. Faut il mettre un babyfoot dans l’entrée pour être etiquetté libéré. Se faire connaître oui, developper une approche marketing oui, travailler une marque employeur encore oui. Le faire sur des éléments factices en tordant le cou à la réalité NON. Le marketing RH ne supporte pas les fausses promesses, encore moins que le mkg produit ou autre…

  3. Nguyen Joseph says :

    Messages à ceux qui sont intéressés par l’entreprise libérée : vous verrez deux sortes de messages sur internet, l’un étant positif et vous parlant des nouvelles possibilitées liées à cette organisation libérée, l’autre étant très acerbe et voulant condamner/dénigrer à tout prix ce modèle (jugement de valeurs sur les personnes et leurs actions en prime). Je propose aux personnes intéressées par ce modèle de les visiter et d’y poser leurs questions (ici Sogilis par exemple).
    J’ai moi-même visiter Sogilis avec des amis et cela va beaucoup plus loin qu’une série de tâches différentes, c’est un état d’esprit. Je n’en dirai pas plus car cela ne sert à rien, mes mots seront déformés pour être critiqué par des personnes qui ne supportent pas que d’autres réussissent (différemment) et qui veulent absolument avoir raison.

  4. Hervé Jacob says :

    Merci pour ce partage très intéressant 🙂

    Je vois que les commentaires postés ici ne laissent pas indifférents 😉

    Un sujet aussi passionnant que celui-ci encourage forcément au débat, et donc parfois aussi à certains discours un peu extrêmes de part et d’autre.

    C’est d’ailleurs une réflexion que j’aborde dès le début de la présentation « Entreprise libérée : Du mythe à la réalité ?  » que j’ai faite jeudi dernier à Agile Grenoble. Je m’appuie pour ça sur l’expérience vécue à ce propos au sein de notre société Zenika qui se qualifie de libérée (nous préférons d’ailleurs dire « libérante » ou « responsilisante »).

    Pour ceux que cela intéresse, les slides de ma présentation sont ici : http://fr.slideshare.net/mobile/Zenika/entreprise-libre-du-mythe-la-ralit-55422894 🙂

    Hervé Jacob
    Zenika Lyon

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